Attaque terroriste en Iran : Téhéran accuse Washington et Riyad

Des soldats iraniens portant un camarade blessé lors de l’attaque terroristes. Ahvaz, 22 septembre.
Tous droits réservés.

Samedi 22 septembre, un attentat terroriste à Ahvaz dans la province du Khouzestan dans le Sud-Ouest du pays a fait 25 morts. Parmi eux, des membres des gardiens de la Révolution, des miliciens volontaires, des simples soldats et même un enfant de 4 ans. Près de soixante personnes ont été également blessées.

Quatre individus vêtus d’uniformes ont fait feu sur la foule lors d’un défilé militaire commémorant le déclenchement par Bagdad de la guerre Iran-Irak de 1980 à 1988. Si les assaillants ont été neutralisés selon les déclarations officielles, deux groupes ont revendiqué cette attaque. D’abord, l’Etat islamique a revendiqué l’attentat dans la journée de samedi mais sa responsabilité est difficile à établir véritablement, les dernières revendications du groupe s’étant montrées opportunistes. De l’autre côté, c’est le groupuscule séparatiste arabo-sunnite Al-Ahvazieh qui affirme en être l’auteur.

La province du Khouzestan, riche en pétrole, est une région peuplée d’arabes sunnites dans un pays à majorité chiite et perse. Les tensions se sont multipliés, le processus de reconstruction étant lent dans une région meurtrie par la guerre avec l’Irak, auquel s’ajoutent des problèmes écologiques du fait des activités de raffinerie. Les habitants de la province se sentent abandonnés par le pouvoir central, ce qui permet l’essor du mouvement séparatiste.

Pour Téhéran, Al-Ahvazieh est commanditaire de l’attentat et pourrait être financé par l’Arabie saoudite, sa principale rivale dans la région. La République islamique d’Iran a donc convoqué trois diplomates européens représentant le Danemark, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, protestant contre le fait que leurs pays abritent certains membres du groupe terroriste. En Iran, les responsables politiques multiplient les déclarations, à commencer par le Président Hassan ROHANI, attendu cette semaine à New York à l’Assemblée générale des Nations-Unies où il doit prendre la parole. Ce dernier, qui promet une « réponse terrible », met en cause « ceux qui fournissent un soutien en matière de renseignement et de propagande à ces terroristes ». En faisant allusion au groupe terroriste Al-Ahvazieh, ROHANI fustige « tous ces petits pays mercenaires soutenus par les Etats-Unis ». Ne nommant pas les pays mercenaires, il pourrait s’agir de l’Arabie saoudite, Bahreïn ou les Emirats arabes unis. Selon les tweets du ministre des Affaires étrangères, Mohammed JAVAD ZARIF, « les parrains régionaux du terrorisme et leurs maitres américains sont responsables de telles attaques ». Pourtant, les Etats-Unis, par le biais de Nikki HALEY, l’ambassadrice américaine à l’ONU, récusent toute responsabilité. Selon elle, l’argent iranien finance majoritairement l’armée au détriment du peuple qui proteste.

L’opinion publique iranienne s’est montrée soudée face à l’attaque, craignant que le pays ne sombre dans l’insécurité. Sur les réseaux sociaux, les Iraniens se sont exprimés et condamnent majoritairement « le triangle » Donald TRUMP, Benjamin NETANYAHOU et le prince héritier Mohammed BEN SALMANE qui chercheraient « la dislocation de l’Iran ».

Ce lundi matin, des milliers de personnes se sont réunis à Ahvaz pour les funérailles des victimes de l’attentat.