A la rencontre des centres de décision de l’action extérieure de la France

Le séminaire parisien de la session 2017-2018 méditerranéenne des hautes études stratégiques s’est déroulé du 18 au 20 janvier 2018. Organisé sur le thème « les centres de décision de l’action extérieure de la France », il a permis aux auditeurs d’approfondir leurs réflexions sur les évolutions du monde des prochaines années.

Dans le cadre prestigieux de l’Ecole militaire, un officier de la direction du renseignement militaire (DRM) a tout d’abord décrit la menace probable à l’horizon 2030, dans un monde qui verrait les puissances chinoise et russe concurrencer l’hyperpuissance américaine, alors que les pays émergents auraient réussi à s’affirmer et à dénier l’accès à leurs espaces maritimes et aériens et que d’autres mouvements violents non étatiques auront succéder à Daech et al-Qaïda.

Sans transition, monsieur Henri Carlos a initié les auditeurs à l’intelligence économique en leur présentant la « vision décalée » de cette fonction essentielle au sein du groupe Total, entièrement orientée vers l’amélioration de l’efficacité opérationnelle du groupe afin de lui permettre de répondre aux trois grands défis de ce début du XXI° siècle : satisfaire les besoins en énergie d’une population mondiale plus nombreuse ; préserver la planète et limiter le réchauffement climatique ; s’adapter aux nouveaux modes de consommation et anticiper l’évolution des attentes des clients.

Dans le cadre encore plus prestigieux de la « chambre du roi », monsieur Gurvan Le Bras, conseiller des affaires étrangères, a fait découvrir aux auditeurs l’action du Centre d’Analyse, de Prévision et de Stratégie du ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères (CAPS). Se plaçant comme son collègue de la DRM à l’horizon 2030, il a décrit les mondes possibles, où la puissance pourrait être concentrée ou dispersée et la coopération entre les divers mondes totale ou impossible. Cette revue des huit mondes, du monde du tyran au village global, fait l’objet du hors-série Eté-automne 2017 des Carnets du CAPS.

 

Le 19 janvier, l’éclairage de madame Lioudmila Vilarrasa, conseillère Russie (entre autres pays) à la Chambre de Commerce et d’Industrie Paris Ile-de-France a permis aux auditeurs de mesurer les difficultés auxquelles sont confrontées les entreprises souhaitant travailler avec des pays « sous sanctions ». La présentation « comprendre pour mieux vendre et travailler ensemble », assortie d’un nombre impressionnant d’articles de presse et de textes réglementaires, restera un moment fort de ce séminaire parisien.

La matinée s’est achevée par un entretien avec le général de division Gaëtan Poncelin de Raucourt, secrétaire général de la garde nationale. Les auditeurs, qui avaient consulté le compte-rendu de l’audition du général par la commission de la défense nationale et des forces armées, ont pu ainsi débattre des grandes évolutions récentes, des facilités apportées aux entreprises comme des mesures adoptées en faveur des réservistes, qui contribuent à la constitution d’une réserve opérationnelle forte de 70 000 hommes et femmes.

 

L’après-midi, alors que le Président de la République dévoilait à Toulon les grandes lignes de la future loi de programmation militaire, les auditeurs ont bénéficié d’une description des grandes lignes de cette loi, réponse cohérente aux menaces et mondes évoqués la veille, exposée par un colonel de la division « études-synthèse-management général » de l’état-major des armées, avant de parcourir le site de Balard, un site mis à la disposition des armées par la ville de Paris en 1890 dans le cadre d’un échange avec le Champ-de-Mars.

Enfin, les préparant aux travaux de comité du samedi matin, le professeur Jean-Jacques Roche, directeur de la formation, des études et de la recherche de l’Institut des hautes études de la défense nationale, dans une présentation « à l’encontre du sens commun » de la « guerre en chiffres », a clos la journée en poussant les auditeurs à remettre en cause leur approche de « réalistes pessimistes », décrivant un monde où il est bien plus probable de gagner le gros lot du loto que de périr dans un attentat terroriste.

VA(2S) Alain Christienne, directeur de la stratégie de l’Institut FMES