70ème anniversaire de l’OTAN, l’heure de nouveaux défis

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L’Organisation de l’Atlantique nord (OTAN) a fêté son 70ème anniversaire le 4 avril 2019. A cette occasion, une réunion les 3 et 4 avril s’est tenue à Washington – ville où a été signé le traité en 1949 – à laquelle participent le secrétaire général de l’organisation, Jens Stoltenberg et les ministres des Affaires étrangères des pays membres.

Jens Stoltenberg a prononcé, mercredi 3 avril, un discours devant le Congrès dans le cadre d’une réunion historique. Pour la première fois, le dirigeant d’une organisation internationale s’exprime devant les deux chambres américaines.

Lors de son discours devant le Congrès, le secrétaire général a rappelé l’engagement originel de l’OTAN, en l’occurrence la préservation de la paix et la sauvegarde la liberté et s’est félicité de son succès : « L’OTAN n’est pas seulement l’alliance la plus durable de l’histoire. C’est l’alliance la plus aboutie de l’histoire ». Il a par ailleurs vanté l’action de Washington, « l’épine dorsale » de l’Alliance qui a permis « une Europe pacifique et prospère » pour qui l’OTAN a permis d’être « plus forte et plus sûre ». De même, Jens Stoltenberg a loué la diversité des Etats-membres – par leur nombre, leur géographie, leur histoire et les partis politiques qui les gouvernent – symbole de la démocratie. Cette diversité n’a jamais éloigné, selon lui, les Etats membres de leur « tâche essentielle » qui est la défense mutuelle et la sécurité. Face aux enjeux actuels que connait l’organisation, il a déclaré : « Comme nous ne pouvons pas prévoir l’avenir, nous devons nous préparer à l’imprévu. Nous avons besoin d’une stratégie pour gérer l’incertitude. Nous en avons une. Cette stratégie, c’est l’OTAN ».

Le traité de l’Alliance atlantique a été signé le 4 avril 1949 par 12 Etats. Créée dans l’immédiat après-Guerre dans un contexte de Guerre froide, l’OTAN est une organisation destinée à contrer la menace soviétique. Pour autant, l’organisation a su survivre à l’effondrement de l’URSS dans les années 1990. En dépit des critiques dont elle fait régulièrement l’objet, notamment de la part de Washington, l’OTAN demeure l’alliance militaire la plus puissante de la planète. A ce titre, elle s’est adaptée à l’évolution du monde et les Alliés font face à des enjeux nouveaux. Dénonçant les agissements de la Russie, le secrétaire général de l’OTAN a évoqué, outre l’annexion illégale de la Crimée, le soutien au régime de Bachar al-Assad et la violation supposée du traité INF, les campagnes de désinformation conduites par Moscou et les cyber-attaques perpétrées contre les Alliés et leurs partenaires. Malgré un dialogue difficile, Jens Stoltenberg assure que le dessein de l’OTAN n’est pas d’isoler la Russie mais « d’améliorer les relations ». L’OTAN réfute toute idée d’une course à l’armement avec la Russie qui conduirait à une nouvelle guerre froide, alors que Vladimir Poutine critique la volonté de l’OTAN de renforcer sa présence en mer Noire afin de protéger les intérêts ukrainiens.

Face aux défis contemporains, dont le terrorisme sous toutes ses formes, Jens Stoltenberg met l’accent sur les moyens : « Les alliés de l’OTAN doivent dépenser plus pour la défense ». Ces propos font écho à la volonté, de nombreuses fois affichée, du président américain Donald Trump, dans un souci de « partage du fardeau ». Il s’agit également d’un désir affirmé lors du sommet de Newport en 2014 qui préconisait de porter à 2% du PIB l’effort de défense d’ici à 2024 au plus tard. Cependant, certains Etats sont encore loin de l’objectif fixé. Le vice-président Mike Pence a mis à profit son discours d’ouverture du sommet pour accuser l’Allemagne, « dont les forces armées allemandes souffrent de lacunes flagrantes dans leur état de préparation militaire », de refuser de porter son effort de défense à 2% et de « ne même pas respecter un engagement à 1,5 % ». « L’Allemgne doit faire plus » a-t-il conclu. De manière générale pourtant, les budgets militaires ont augmenté depuis le début de l’année 2017. Le Canada et les Etats européens dépenseront 100 milliards de dollars de plus (soit 89 milliards d’euros) pour leurs armées en 2020. Il s’agit d’un effort sans précédent depuis la Guerre.

L’organisation compte aujourd’hui 29 membres, et la Macédoine du Nord est en passe de devenir officiellement le 30ème allié.